1 septembre 2010

Festival Pirouesie, entre mer et poésie : journal-abécédaire


Aoûtats d’attaque, attaque d’aoûtats, Ascabiol à l’arrivée, anti-puces à 90°.

Agathe, avec l’accent, et le sourire, et le plaisir des mots dedans.

Apogée, à l’inverse : périgée de la Terre, quand la Lune est au plus proche de la Terre, et que ça participe aussi de l’amplitude des marées, celles de notre corps aussi, suivant l’alignement des planètes, la profondeur de la mer. On parle alors de vives eaux et de mortes eaux, pour le plus grand bonheur d’amateurs de jeux de mots.


Bulots, bonté divine. Avec de la mayo, la bave qui fait des fils, et le bruit de la coquille qui retombe dans l’assiette, vide. Enfin, pas complètement parce que le bout de la queue, pour l’avoir ‘faut le casse-noix. Ce que fait experte ma Yolande de grand-mère, avec un bol d’eau à côté de l’assiette pour laver la chair brune en colimaçon, avec un retentissant "c’est le meilleur" connaisseur, normand.


Bourdon lapidaire a le bout de l’abdomen orangé. Il est aussi appelé bourdon des pierres car il niche dans les pierres et les rochers fendus. Le bourdon est tout poilu, et il a l’air tout doux, il est stérile, celui qui fait mal quand il pique c’est le frelon. Certainement pas lui que j’ai vu au retour, à Paris.


Brigitte, les doigts dans le sable, le nez au large, face à la mer. Entre le cahier poétique, un tracteur et son bateau de passage sur la plage. Son histoire racontée un autre matin de promenade, sur le bord du chemin, comme ça, mine de rien, avec son petit cheveu sur le bout de la langue. Seize ans passés à vivre ici ou là avant de venir s’installer par ici au bord de la mer. Un orgue de barbarie acheté sur une brocante et ils sont partis parce qu’ils voulaient avoir du temps à passer avec les enfants et leur montrer des tas de trucs, le jour où ils ont décidé d’en faire.

Bruyère cendrée, avec le petit saut d’Hanna juste au-dessus, et ses longs yeux bleus levés au ciel.

Bief . Bief ? Alors, tas le cours d’eau, comme ça - la main bien droite devant la poitrine- -un canal par exemple, et tu en dévies une partie - la main pliée au dessus du cœur- pour qu’elle se jette de nouveau - la main plongeante entre le cœur et les pieds -dedans et tu profites de la chute - la main en piston toujours repliée entre le cœur et les pieds. Tu vois ?

Baleine avec des boutons pour les yeux, Barbara, en pâte-à-modeler, va falloir qu’elle aille prendre des bains dans mon évier parisien en attendant de tomber amoureuse du capitaine parce pour l’heure il a la tête qui fait peur, pas pratique pour faire chavirer le cœur à prendre de la baleine.


Compétition, compétition, compétition, virgule, avec espace,compétition,sans espace, compétition, compétition, compétition, véritable ou paranoïaque, comme en classe, comme avant, je n’y arrive pas, je démissionne, alors je vais faire un tour ailleurs.

Calva : 1 l de calva, 44 grains de café plantés dans une orange, 44 morceaux de sucre. Tu laisses le tout macérer pendant 44 jours et tu goûtes. Tu vas voir, c’est comme ça, le pouce levé devant le nez. Recette notée au dos de la note du restau La marée, le dimanche midi après le marché, sur la terrasse du bar-crêperie de Pirou, auprès de 2 normands qui savaient en parler mais qui ne savaient pas où on pouvait en acheter.

Calembours, no comment.

Camembert, c’est le pays.

Compression, la mort annoncée du MP3. Dire le plus souvent possible : « je suis l’amie de Martin «, « je connais bien Martin «, » c’est grâce à Martin que je suis venue à Pirouésie « …


Carotte sauvage, avec une petite fleur rose stérile, au milieu, un leure. Pour éviter quoi, les coups de boutoirs de l’abeille ?

Cigüe, ça pue, ça pousse au bord de l’eau, attention ne pas confondre avec le persil.

Chêne rouge américain, avec de grandes feuilles tendres.

Corbeau des mers, cormoran.

Couilles de bretons, la crépidule, de son vrai nom crepidula fornicata, qui fait sourire bêtement. Un animal qui passe sa vie à faire l’amour. Le plus ancien se met en dessous et s’accouple avec le sexe opposé qui lui grimpe dessus, qui s’accouple lui-même avec … Au dessus de la pile, on s’y perd alors il change de sexe pour pouvoir continuer à forniquer.

Drôle.

Dodue, gourmande aussi.

Dune embryonnaire, marque le trait côtier, dit Yves en décrivant la formation de la dune, à flanc du Havre de ... Je ne sais plus.

Douaniers – Armanville, sur la plage, on y verrait les ruines d’une cabane, seul édifice en pierre datant d’avant le 18è. Parce qu’avant, sur cette zone marécageuse, point de maisons en pierre, point de village fantôme, point de vestiges ratés de la mégalomanie d’une opération immobilière ratée.

Elucubrations, pas d’Antoine qui n’y était pas, mais celles de tous les autres venus ici avec le peu qu’il leur reste de cheveux pour chanter en prose ou en vers avec les bulots, le cidre et le jeu de mots.

Etoiles admirées sur la couverture, dans le champ fauché de devant la maison, de l’autre côté de la route, après quelques rasades de calva. Tu crois que c’est ce soir-là qu’on a chopé les aoûtats ?

Ecurieux, ceux de Christiane, et ceux d’Hanna, elles disent en cueillant à terre les pommes de pins rongés par des droitiers ou des gauchers- ça dépend du sens de la spirale, qu’ici à Pirouésie, ça désigne les écureils.

Ecole, ou colonie de vacances ? Avec les fayots, les frustrés, les cancres, les premiers de la classe et ceux qui ne veulent pas se faire remarquer , et ceux qui sont tout simplement heureux d’être là et de participer.

Frites, maison, avec les moules au restaurant de la plage, le premier soir, avant les étoiles, le calva, la couverture et le mystère des aoûtats.

Fric – Ian Monk, le Jane Birkin de l’Oulipo, qui égrène des vérités avec un accent british délicieux. C’est ce soir-là aux Miellettes que les Normands cessèrent d’en vouloir aux Anglais.

Fantôme-village, le propriétaire nous a expliqué un long moment au dessus du grillage, au bord de son jardin, le scandale de ce quartier, ses 120 villas construites sur le sable, en bord de mer, juste derrière le petit supermarché de Pirou-Plage, terminées sans raccordement à la voirie, ni à l’électricité ou au tout-à-l’égout. Mais surtout construites en dépit du bon sens, sans permis de construire, pas chères parce que les mises en conformité restaient à la charge des acquéreurs. Vendues par lot de 3, il fallait en payer une en « catch ». L’initiateur du projet immobilier continue à travailler, les maisons ont été terminées, et puis dépouillées par les entrepreneurs du coin, pillées par les habitants qui venaient avec voiture et remorque prendre ce qui pouvait être vendu. Barrages de flics au rond-point à l’entrée de Pirou avec amendes et obligations pour les contre-venants de remettre sur place les matériaux dérobés. Faillites chez les artisans de la région pour ce chantier livré en un temps record, et le paysage désolé de ce bord de mer abîmé par un quartier de maisons en carton inhabitées. Le bonheur des graffeurs, tous ces murs offerts, ouverts aux quatre vents, des bas-reliefs sculptés dans le siporex déclaré toxique entre-temps … Le procès en cours, la mairie rachète les maisons au fur et à mesure pour essayer d’indemniser les infortunés propriétaires. Aujourd’hui, 80 sur 120.

Glisse.

Gratinée, ne pas être méchante, mais quand même, la cohabitation en vacances réserve des surpises …

Gueule de loup-phoque, le long des chemins, plein des roses avec des moustaches, des qui chantent librement à tû-tête, des silencieuses, des amoureuses, des complexées, des sauvages, des intégrées, des généreuses, des maigres, des rondes, des érudites, des gueules.

Geai des chênes – glandulus- glandeur – 50 000 glands paumés / an / hectar qu’il planterait l’étourdit qui planque des glands à tout bout de champ pour ses réserves d’hiver, et puis il oublie où il les à cachés, ça fait autant d’arbre plantés, vive les glandus.

Hibou-chouette, avec les étoiles, sur la couverture, le hululement pas entendu depuis un bail.

Héron oiseau au long bec, emmanché, qui a donné les mots ahuri, hérissé, huron.

Havre de Saint –Germain-en l'Hay, après la promenade commentée, écriture sur la plage. Au loin, trois plumes plantées dans les dunes pour cause de terrain ensablé. Naissance du poème de Bart mêlant flamand et français, comme quoi c’est possible que ces deux langues nagent ensemble dans le même bocal.

Halophyte – halophyle, c’est comme la vie, en eau douce et en eau salée, on peut vivre dans les deux à la fois.

Illogique, ça dépend de la logique de départ, qui peut s’avérer contraire à la fin.

Ile Chosey, la plus belle à visiter, la plus sauvage aussi.

Jaune roquette, pourquoi cette salade est-elle si onéreuse alors que c’est un arbuste sauvage qui pousse ici au bord de la route, au milieu des champs de carotte et de poireaux ?

King size grenouille, pont à la raine, rainette, prince charmant, princesse je suis dans tes bras.

Lalali Lalala, en français ou en flamand, ça se comprend, et ça chante dans le poème d’eau et de sable.

Limonium, lavande des mers, tu verrais ce mauve, et ça sèche très bien en bouquet.

Lotier corniculé, c’est la couille de breton ?

Lune soleil et terre, alignés, ça fout un bordel sur les rivages, ça fait les marées.

Lunettes de soleil, il a fallu qu’elles se transforment en une parka de mer, après qu'on les aie perdues sur le vide grenier, mais on est rentrés avec une belle veste.

Miel- Miellettes- Mielles, ici on ne dit pas dunes, on dit mielles. Et on va chez Robert manger des bulots, boire du cidre, après les lectures Oulipo, aux Miellettes.

MP3, dont la fin fut annoncée par Martin le premier jour de la semaine, prédication qui marqua les esprits, le sourire aux lèvre, pour ceux qui y étaient eux, pas comme d’autres qu’étaient en train de faire griller du poisson au barbecue, dans le jardin, qui lui a de beaux jours devant lui, le barbecue, et Martin, et le poisson aussi, on espère bien.

Millepertuis, jolie fleur jaune, qui doit faire du jaune au menton, et qui, paraît-il, soigne la dépression.

Marée, la loi des 12è, il vaut mieux se magner quand la mer remonte parce qu’en gros, au début et à la fin de son ascension, elle est plus vive qu’au milieu. Faudrait que les gens le sachent, ça éviterait plein d’accidents, dit Yves aussi.

Morte eau-vive eau, c’est comme les trucs qui peuvent vivre en eau douce et en eau salée, dans la vie, faut faire avec, et sur ces plages et havres pirousiens tambien.

Manche, 100 m de profondeur en moyenne, pas beaucoup, pas beaucoup ... Quand même, ça fait beaucoup d’eau …

Mathématiques, il paraît que la majorité des gens qui jouent avec les mots chez Oulipo ont des accointances avec les maths … Est-ce que c’est pour ça que moi, je ne joue pas trop avec eux ?

Malou au-dessus des écoliers, adulte dans la clairière, là mais pas vraiment, raleur, impatient, vagabond, rêveur, esprit d’enfant au-dessus de cette matière grise obéissante, j’en ai marre, mais non, mais si, mais je suis là, je ne peux pas partir, je suis bien quand même, je m’ennuie.

Nautique. Pas de tique, que des aoûtats je t’ai dit. Facile.

Nayade, avec la robe relevée au dessus de sa culotte bleue, avec des dentelles sur le côté et la délicatesse du porté au-dessus de l’eau. Ce matin, c’est marée basse, de l’eau aux genoux sur des centaines de mètres, aux cuisses à la rigueur.

Normande.

Niveau de référence : zéro à Brest, niveau max 120.

Oie, ça veut dire Pirou, ou l’inverse, avec la légende, les assiégés du châteaux ensorcellés et tout.

Oulipo, ça veut dire Pirou aussi.

Olive- l’huile d’Ulysse, joli coup, moment délicieux, frisson de plaisir, interprétation joyeuse, musicale et amoureuse.

Pignata, jamais satisfaite d’elle, je ne sais plus quel ingrédient qu’elle avait oublié de faire fondre à part dans l’huile d’olive, sur la table espagnole de l’auberge du presbytère. Il n’en est rien resté, un délice Ma Yasmine.

Pigne, rognée par un écurieux droitier, m’expliqua Hanna en me montrant du doigt la spirale allant de gauche à droite sur une pomme de pin déshabillé, fleurant bon la résine, sous les bois, infestés de moustiques.

Poésie, au cœur des préoccupations des estivants festivaliers.

Poux de sable, chez lui sur les plages du sud, il n’y en a pas, il me demande ce que c’est que ce truc qui saute sur le sable.

Plancha , les moules que le propriétaire goûte, ouvertes natures sur le barbecue, je ne voudrais pas déranger, vous en voulez une autre, je ne voudrais pas abuser, a demandé le lendemain la recette au préposé à la grillade. Et comment-faites vous pour que les coquilles ne passent pas à travers la grille ?

Poireaux, carottes, poireaux, poirottes. Carreaux, verts, bleus, vert-bleus, souvenir de l'odeur de la soupe de ma grand-mère sur poème en marche …

Pénélope, ou Jehanne avec un h accroché en plein milieu pour glisser sur le récit assaisonné à l’huile d’olives de l’Odysée, pour une Ulysse accommodé à l’huile d’olive, par Jacques.

Question, stop, bois un coup, t’as du calva ?

Rôtie, oie ?

Rugueuse, écorce.

Route, en train, et à vélo. Le plus difficile, c’est la première côte à Coutances, après, c’est que du bonheur, à condition d’éviter la touristique, seule endroit vraiment fréquenté par-ici.

Silence

Sirène, en culotte et soutien-gorge, à marée basse, belle avec son ventre qui a donné la vie, en train de barbotter dans 50 cm d’eau.

Sable dans le revers du pantalon, dans les poches, entre les doigts de pieds, avec des sons crissants, grisants, rapeux, durs.

Scolopendre – 850 pattes max.

Sceau de Salomon- toxique, si tu veux tuer quelqu’un, c’est facile, regarde.

Serpolet, pour manger avec le lapin, dans les dunes, sur les mielles.

Tuile

Tôle

Tarte aux bulots, de Saint-Malo, de la maman de Ronan, fière d’avoir mis à l’honneur la spécialité locale, et de pouvoir la partager avant de repartir pour la Bretagne, là-bas, à 2 heures par la 4 voies.

Ululu Ululu, encore le même poème.

Ulysse, le mari de Pénélope, mis en musique et lubrifié, prêt à la retrouver.

Verte, comme les yeux de la baleine, qui les a en boutons.

Verbe, haut.

Vers, ô.

Verre

Vaisselle

Véloce, le pouillot, compteur d’écus , tchic tchac, ce n’est qu’un oiseau au chant assez répandu.

What do you say ?

X

Yeux – sons en ye, mouillés, de tristesse ?

Zorro, avec des onomatopées, on le reconnaît quand même quand il surgit de dessous la tente, à la fin.


Très joli festival auquel je pense souvent, des ateliers d'écriture en plein air, des balades contées, des découvertes et rencontres diverses, variées, joyeuses, au bord de la mer du Cotentin, à Pirou :  www.pirouesie.blogspot.com